/=/ · MAGICOGENRÉ · /=/

L’acte sexuel a un rôle important dans les pratiques magiques, parce qu’il donne l’accès à l’autre-monde dans un état de conscience altéré; il sert d’instrument de canalisation des énergies du cosmos et représente l’essence de la vie, la force créatrice. Cette sexualité, tout en étant pratiquée dans un nouveau contexte, n’est pas dissociée de certains modèles de signification, encore très encodés dans une logique binaire de différence des sexes.

Le Wicca, un mouvement magique traditionaliste, a remis en question les représentations genrées des divinités en donnant la place primaire de la création à la Déesse. Dans les pratiques religieuses de ce mouvement la femme est vue comme passive dans la réalité ordinaire, mais elle retrouve dans un monde extra-ordinaire un espace où elle devient active, dynamique et initie les hommes à sa discipline. Dans le magique elle est en position de supériorité parce qu’elle possède, en étant femme, les attributs qui servent dans cet autre-monde : les émotions, l’introspection, la retenu, etc. Ce déséquilibre de la balance ne fait que reproduire la différence de sexe, exprimée selon les fonctions associées au masculin et au féminin. La force masculine est dynamique et imprégnante, la forme féminine a l’habilité de contenir la force reçue par la première. Ces deux forces sont complémentaires et se rencontrent dans l’acte sexuel, lequel peut être utilisé à des fins magiques; l’orgasme étend l’esprit vers un état d’unité avec le cosmos.

Conçues comme complémentaires et situées sur le même axe, ces deux forces transforment la vision hiérarchique qui soumette le féminin au masculin – qui se traduit, dans les religions paternalistes comme le Christianisme et le Judaïsme, dans une soumission de la femme à l’homme. C’est cette confusion du féminin avec la femme et masculin avec l’homme qui a porté ces mouvements à une reproduction de la différence des sexes, à travers des divinités et forces genrées, qui doivent être toujours incorporées par une personne du sexe correspondant. Une approche alternative et plus inclusive, mais qui a de la peine à s’appliquer concrètement encore aujourd’hui aussi à l’intérieur des mouvements magiques queer, se base sur le principe de spiritualité androgyne.

La violation de la norme genrée est à la rigueur censée amener de la force à la personne qui en fait l’expérience. Le rituel sert comme espace où de nouveaux rôles peuvent être mis en scène, sans qu’ils soient perçus comme des anomalies ou des hérésies.

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 Dio Ermafrodito – http://www.fineartsmag.com

Pour la personne qui pratique le magique, une des majeures recherches de croissance spirituelle est celle de réussir à balancer les attributs liés au féminin et au masculin, les deux contenues en elle, pour atteindre un état de plénitude.

(Greenwood, 2000)

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